Toujours dans le domaine de l’intranet, je vous livre ici un autre bon exemple de pénétration des technologies web 2.0 au sein de l’entreprise avec Jamespot Pro.
Dans sa version grand public, Jamespot est un système de social bookmarking qui a conquis des dizaines de milliers d’utilisateurs à travers le monde. Le site est traduit en 12 langues. Il est principalement utilisé en France, aux Etats Unis et au…Brésil. Attention, il ne s’agit pas d’un système de boomarking basique à la Delicious. Je m’explique :
Avec Jamespot, vous repérez une actu qui vous intéresse, vous la « spottez » et l’info vient se placer dans votre page (votre spot). Au fur et à mesure que vous spottez des informations, vous voyez sous vos yeux ébaillis un blog se constituer. Les autres spotteurs peuvent venir commenter les infos que vous avez déniché et s’abonner à votre spot.

vue générale d'un spot
Jamespot se veut donc :
- Hybride : il se situe entre le social bookmarking, le blog et le réseau social.
- Simple : je copie une info (textes, images, liens) et je la colle dans mon spot ; le processus de publication est donc simplifié à l’extrême.
- Puissant : le spot (l’endroit) est une notion maniable à souhait qui trouve des applications tout à fait pertinentes en entreprise. En effet, un spot peut prendre la forme d’un groupe de travail, d’une thématique, d’un projet, d’un service etc…
Fort de ce constat de transposition possible en milieu professionnel, Jamespot propose depuis début 2009 une offre à destination des entreprises en mode SaaS : Jamespot Pro
Exemples d’utilisation en entreprise :
Le premier cas est évident et reprend texto la version grand public : la veille sur internet. Vous trouvez un article intéressant pour votre entreprise, il vous suffit de le spotter et de le mettre à disposition dans un spot public ou privé, en fonction de la population potentiellement intéressée par cette information. Ce qui prendrait du temps s’il fallait rédiger, mettre en forme un mail et l’envoyer à un ou plusieurs destinataires s’effectue en quelques clics avec Jamespot Pro.

interface de publication d'un article à spotter
Prenons maintenant le cas d’une entreprise lambda éparpillée géographiquement qui doit concevoir le plan de communication 2011. Cela implique un travail inter services réunissant la communication, le marketing, le commercial, la Direction…
Avec Jamespot Pro, l’entreprise va pouvoir se créer un Spot « Plan de communication 2011 » à partir duquel elle va pouvoir travailler des documents en mode Wiki, planifier des réunions de travail à distance, spotter des informations utiles au projet, assigner des tâches à tel ou tel membre du groupe. Au fur et à mesure du projet, de nouveaux utilisateurs peuvent être invités à rejoindre le spot pour apporter leur point de vue et finaliser le travail.

On peut créer un spot directement depuis le front office

On remplit ensuite les infos générales du spot

Sélection du thème graphique du spot

Sélection des contenants du spot

Vue d'un spot publié sur un intranet
Les exemples de contextes d’utilisation ne manquent pas et Jamespot Pro peut également être utilisé pour travailler directement avec des clients. Il suffit de créer un spot, d’en définir les contenants puis d’envoyer des invitations à rejoindre le spot aux clients.
Positionnement
Je ne peux évidemment pas m’empêcher de comparer Jamespot Pro avec un outil comme blueKiwi.
Le périmètre fonctionnel de Jamespot Pro est plus restreint et c’est un parti pris : là où blueKiwi propose une palette étendue de fonctionnalités puissantes allant du micro-blogging à la recherche d’expertise au sein d’une entreprise, Jamespot Pro s’appuie sur son bouton « spot it » et une création de groupes ultra simplifiée.
Il est de fait assez évident que le temps de prise en main de ce dernier est réduit par rapport à l’apprentissage que requiert un blueKiwi , bien que ce dernier propose au final beaucoup plus d’outils.
Il ne m’appartient pas de juger si tel ou tel produit est le meilleur. Ce sont aux entreprises de faire un choix, en fonction du périmètre à couvrir.
Attention cependant, si Jamespot Pro se déploie très facilement, il conviendra néanmoins de bien définir au préalable ce qu’est un spot histoire de ne pas se retrouver avec un nuée de groupes sans réelle unité (ex : direction communication, projet de refonte du site web, discussion sur la réunion d’hier etc….)
Quelques mots concernant la technologie et les offres tarifaires
Je n’ai pas trouvé beaucoup d’infos concernant les technologies sur lesquelles repose Jamespot Pro. Après échanges avec Alain Garnier, CEO de Jamespot, il semble qu’un couplage fort du produit avec le CMS open source Drupal soit assez avancé. J’aurai certainement plus d’informations à communiquer là dessus en début d’année prochaine.
En ce qui concerne les prix, vous trouverez tout à cette adresse. Pour ceux qui ont la flemme de cliquer, je vous ai prévu une petite capture écran qui récapitule tout ça :

Conclusion
Le parti pris de Jamespot Pro est intéressant et pourrait se résumer ainsi : ce qui est simple et fun à l’extérieur doit aussi l’être à l’intérieur.
Une entreprise qui recherche rapidité de mise en œuvre et facilité de prise en main devrait donc s’intéresser à cette solution susceptible de fluidifier efficacement les échanges au sein d’une organisation.
Evidemment, on peut arguer du fait que cette recherche d’une simplicité accrue entraine une couverture fonctionnelle amoindrie : par exemple, le plateforme n’offre pas d’outils de microblogging à la Twitter ou de module permettant de publier des sondages. L’intégration de ces types de fonctions relève à l’heure actuelle du développement spécifique.
Il conviendra donc peut-être de travailler sur des modèles permettant au client de garder cet esprit de simplicité ou d’y adjoindre de nouveaux modules, en fonction de ses besoins.
Jamespot Pro est incontestablement innovant, encore assez jeune. Il sera intéressant de voir quelle direction il va prendre en 2010 : rester dans la simplicité, facteur différenciateur mais un peu limité fonctionnellement, ou s’ouvrir à une approche d’avantage modulaire, ce qui entrainerait une concurrence plus frontale avec d’autres acteurs du marché, blueKiwi en tête sur le marché français. Les paris sont ouverts.

Il est assez déconcertant de constater que l’innovation multimédia ne provient pas des entreprises, mais de l’extérieur. Je m’explique en caricaturant un peu :





J’ai enfin testé le nouveau produit de Google présenté avec beaucoup de modestie comme « l’outil de communication du 21ème siècle ». Ils sont comme ça chez Google : on ne lésine pas sur les effets d’annonce. Je reste néanmoins toujours un peu méfiant car Google nous a certes habitué à des produits vraiment bien foutus : Gmail, Earth, Maps etc…
(2 votes, average: 4,50 out of 5)
Je vous invite à lire
Un ouvrage très complet, plaisant à lire, consacré à ce parent pauvre du web : la lisibilité. Je l’ai dévoré en une journée.